L'Association

Qui sommes-nous ?

La Mokarran Protection Society est une association à but non lucratif loi 1901, créée en 2019 pour étudier et protéger la population des Grands Requins Marteaux Sphyrna mokarran de Polynésie française. Elle vise à rassembler les ressources humaines et matérielles nécessaires à la meilleure connaissance et la préservation de cette espèce gravement menacée d’extinction.

L’association est installée à Rangiroa dans l’archipel des Tuamotus au centre du territoire connu du Grand Requin Marteau en Polynésie. Rangiroa est l’un des rares endroits au monde où il est possible de l’observer fréquemment sans feeding.

Le paradigme de la Mokarran Protection Society est la science participative qui permet aux scientifiques volontaires d’exploiter les observations des plongeurs contributeurs. Elle cherche donc à mettre en place et animer un réseau de clubs de plongées et plongeurs partenaires pour récolter des données et informations tout au long de l’année sur le Grand Requin Marteau.

Son équipe se compose de biologistes marins, de plongeurs en circuit ouvert expérimentés familiers de la passe de Tiputa, de spécialistes des plongées en circuit fermé aux mélanges et d’informaticiens spécialisés en traitements d’images.

La Mokarran Protection Society organise à la période de haute intensité d’observation du Grand Requin Marteau des semaines de plongée exclusivement dédiées aux recherches sur cette espèce, les Mokarran Weeks et des missions-croisières embarquant une équipe mixte de plongeurs, photographes et scientifiques à la découverte d’atolls inexplorés susceptibles d’être fréquentés par le Grand Requin Marteau, les Mokarran Explorers.

Le projet

Le Grand Requin Marteau S. mokarran est présent dans les eaux Polynésiennes et particulièrement dans les Tuamotu. A Rangiroa, le deuxième plus grand atoll du monde avec une surface lagonaire de 1,450 km², ces observations sont fréquentes tandis que plus occasionnelles dans d’autres atolls de cet archipel. La Mokarran Protection Society a donc été fondée à Rangiroa. Il comporte deux passes qui régulent les flux rentrant et sortant dans le lagon sous l'influence des marées : Tiputa à l’est et Avatoru à l’ouest. La passe de Tiputa présente des caractéristiques particulièrement propices pour les observations de S. mokarran à l’état sauvage, rare et encore mal connu, sans faire appel au feeding[1]. Pendant les quatre mois d’observations plus intenses du Grand Requin Marteau, de Décembre à Mars, les plongeurs du monde entier viennent donc sur ce site pour tenter d’apercevoir ce fascinant requin si original par la forme typique de son céphalofoil[2] et par sa taille imposante.

C’est cette présence privilégiée sur le site de Tiputa qui a conduit la Mokarran Protection Society à mettre en place, à partir de sa base de Rangiroa en Polynésie, les Mokarran Weeks . Cette phase particulière de haute intensité a été établie empiriquement, grâce au rassemblement de diverses bases de données d’observations depuis 2011. C’est une première en Polynésie car les principales zones d’études de cet animal n’ont été jusqu’à présent que l’Australie, l’Afrique du Sud, le Brésil et les Caraïbes Américaines.

Bien qu'étant une espèce protégée en Polynésie française, le Grand Requin Marteau reste vulnérable en eaux internationales et étrangères. Déterminer la provenance de ces individus et leurs routes migratoires est primordial afin de protéger cette espèce sur son aire totale de répartition.

Le courant principal du Pacifique Sud (le Courant Équatorial Sud) circule de la côte Nord - Ouest de l’Amérique du Sud vers la côte Est Australienne sur une portion de son cycle. La Polynésie pourrait être uniquement une étape pour s’alimenter, se reproduire, voire même donner naissance, comme elle pourrait être une zone où le Grand Requin Marteau s’est sédentarisé.

Voici l’état des questions à ce jour sans réponses et pour lesquelles la Mokarran Protection Society souhaiterait apporter contribution par l’utilisation de différentes méthodes : photogrammétrie laser, photo-identification, ou mise en place de réseaux citoyens.

Les objectifs

Pour cette première saison des Mokarran Weeks nos objectifs portent sur trois axes principaux et tendent à comprendre les mouvements des Grands Requins Marteaux dans le "système passe" en fonction des échanges Lagon-Océan :

1) Scientifiques

  • Caractériser la population en présence (nombre, ratio mâle-femelle, taille)
  • Evaluer la sédentarité annuelle et inter-annuelle des individus
  • Déterminer les facteurs d’observabilité de l’espèce sur Tiputa

2) Participatifs

Mettre en place un réseau d’observation avec les différents clubs de plongée de Rangiroa qui plongent tous les jours de l’année, et qui sont donc des partenaires privilégiés pour récolter des données et informations sur le long terme.

Egalement, la collecte de témoignages auprès des pécheurs locaux permet de donner une idée anecdotique sur la répartition des Grands Requins Marteaux dans le lagon. C’est un moyen de découvrir de nouvelles zones d’agrégation ou même de nurseries. Cette prise de contact avec les professionnels de la pêche, surtout les palangriers, est aussi importante pour savoir si le Grand Marteau et des juvéniles de l’espèce font parties des prises accessoires locales.

3) Écologiques

En tant qu’association environnementale, notre rôle dans la sensibilisation et l’information au grand public est primordiale. L’état de l’art des connaissances sur le Grand Requin Marteau et les résultats de l’association font l’objet de présentations au sein de la communauté de Rangiroa et plus largement en Polynésie (scolaires, pêcheurs, club de plongées, touristes), afin de sensibiliser la population sur la vulnérabilité de cette espèce et sur son rôle prépondérant dans la chaîne trophique.

Techniques mises en place

  • La photo-identification

La photo-identification consiste à établir, par le biais de fiches d’identification, une base de données pour chaque individu observé. Elles comportent des informations sur la taille et le sexe de l’individu, une description de tout détail susceptible de facilité l’identification (cicatrice, tache, etc.), ainsi qu’une photo de l’aileron dorsale pour dégager un notch code. C’est un numéro d’identité à trois chiffres attribué à une nageoire dorsale. La photo de la dorsale est d’abord rognée afin de disposer de l’extrémité supérieure et de la base de la nageoire, puis découpée en trois bandes horizontales. Chaque détail (cisaillement, boursouflure et déformation) du bord postérieur de l’aileron est relevé et localisé. Ils peuvent être la conséquence de blessures, morsures d’accouplement, maladie, vieillesse et fournissent un profil unique à chaque requin. Le nombre de détails est reporté par bande pour constituer la formule de notch code. Cette formule est une des clés d’identification.

Notch Coding

La photo-identification répond à notre objectif d’évaluation de la sédentarité des individus et s’établit sur plusieurs saisons pour obtenir des conclusions inter-annuelles. En effet, nous ne savons pas à l’heure actuelle si les individus observés restent présents sur Rangiroa toute la saison, voire s’ils reviennent aux saisons suivantes.

Sous l’eau, les observateurs remplissent une fiche pour chaque requin en relevant les caractéristiques et marques d’identifications, comme présentée ci-dessous :

Fiches d'observation

  • La photogrammétrie laser

La technique de photogrammétrie laser renseigne la taille de l’individu de manière plus précise que par simple observation, en évitant des erreurs d’approximation. Deux lasers montés en parallèle sont fixés sur une platine aux dimensions connues. Une Gopro y est fixée à équidistance des lasers et permet de capturer une image avec projection de cette distance sur l’animal, donnant ainsi une échelle pour effectuer différentes mesures de l’individu (Longueur à la Fourchette, Longueur Pré-caudale, Largeur du Céphalofoil, Hauteur de la 1ère Dorsale, Longueur Totale). Cela permet ensuite de déterminer le stade de maturité sexuelle de l’individu : 225 à 270 cm pour les mâles contre 210 à 300 cm pour les femelles (Stevens and al., 1989).

L’utilisation de cette technique photogrammétrique, combinée à la photo-identification, se positionne dans la lignée des travaux réalisés à Bimini, aux Bahamas sur le S.mokarran. En accord avec leur matériel et méthode nous utilisons une platine de 30 cm d’écart et une deuxième de 50 cm d’écart pour tester la plus adaptée à nos besoins, au regard des conditions de plongée engagées sur Tiputa.

Photogrammétrie.jpg

  • Réseau avec les clubs de plongée

Rangiroa compte à l’heure actuelle six clubs de plongée, établis pour certains depuis 1985. Leur expérience du terrain et leurs observations toute l’année en continue sont un atout majeur dans la récolte de donnée. Au-delà de cette période de haute intensité que sont les Mokarrans Weeks, l’association récolte les observations de S.mokarran et de la raie aigle léopard (A.ocellatus). En effet, A.ocellatus est une proie de prédilection de ce prédateur et se rassemble en vol de plusieurs individus à cette saison. L’hypothèse principale avancée pour l’instant est donc une présence à but alimentaire.

Après chaque plongée réalisée dans la Passe, les moniteurs peuvent rentrer leurs observations sur un formulaire comme présenté ci-dessous :

Form.jpg

[1] Feeding : Activité qui consiste à nourrir le requin pour l’appâter et à fournir une observation rapprochée au client

[2] Céphalofoil : Organe sensoriel situé au niveau de la tête (en forme de T chez le marteau) qui assure des fonctions sensitives (détection), de manœuvre dans l’eau et de manipulation des proies.

L'équipe

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Jean-Marie JEANDEL
Président
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Florent BERSANI
Vice-président et Trésorier
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Nastazia FEMMAMI
Secrétaire général
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Tatiana BOUBE
Pôle scientifique
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Antonin GUILBERT
Pôle scientifique
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Alice BOUSSEYROUX
Pôle scientifique
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Pierre-Louis STENGER
Pôle scientifique
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Yann FOLLIN
Pôle scientifique
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Alexander MATAARERE
Pôle scientifique
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Enzo LAURENT
Pôle informatique
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Marc HAYEK
Pôle plongée
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Jean-Marc BELIN
Pôle plongée
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Farid CHALABI
Pôle juridique
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Manuella BURLOT
Pôle communication
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Virginie JEANDEL
Pôle communication
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Sterenn GALLOU
Pôle communication

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